Amazon pourrait devoir partager son algorithme si la nouvelle politique de l’Inde en matière de commerce électronique est adoptée

Catégories Entreprise


Nous sommes tous d’accord pour dire que l’emprise qu’exerce Amazon sur le paysage du commerce électronique est, très franchement, une plaie. C’est une plaie pour les millions de vendeurs tiers qui sont à la merci de sa plate-forme. C’est un problème pour les législateurs qui ont passé l’année dernière à essayer désespérément d’exercer une sorte de pouvoir du sur un géant de la technologie. C’est une plaie pour les syndicats, les avocats et les journalistes qui sont obligés d’écrire à ce sujet.

La nécessité de réfléchir à un moyen de pression viable

C’est probablement la raison pour laquelle le gouvernement d’un pays réfléchit à l’idée d’ouvrir une fenêtre sur les algorithmes qui permettent à l’argent de continuer à circuler dans la machine amazonienne. Comme le précise un nouveau rapport Bloomberg, la dernière version de la politique nationale indienne en matière de commerce électronique prévoit un accès obligatoire au niveau fédéral aux « codes sources et aux algorithmes » qui sous-tendent les mastodontes numériques comme Amazon, soit une mesure qui, selon les autorités locales, permettra de réduire les « biais induits par le numérique » dont il a été prouvé que ces entreprises sont coupables.

Le projet de document que Bloomberg a obtenu est la dernière mise à jour d’une politique nationale proposée qui a été élaborée il y a environ deux ans, et qui est en grande partie rédigée pour réduire le pouvoir que certaines entreprises technologiques détiennent actuellement sur le marché indien du commerce électronique. Alors que le pays ne tient pas la chandelle face aux 600 milliards de dollars que les Américains ont dépensé en ligne à la fin de l’année dernière, les chiffres de l’Inde sont définitivement en plein essor : au cours des deux prochaines années, le secteur local du commerce électronique devrait représenter plus de 71 milliards de dollars. Au cours des six prochaines années, ce chiffre devrait passer à 200 milliards de dollars.

Un monopole en danger

Pour l’essentiel, ces dollars sont contrôlés par deux entreprises mondiales : Amazon et Flipkart, un marché en ligne basé en Inde qui a été racheté par Walmart pour un montant de 16 milliards de dollars en 2018. Chacune de ces entreprises contrôle respectivement près d’un tiers du marché global du commerce électronique du pays, selon des analyses effectuées l’année dernière. Les alternatives locales, comme Paytm Mall ou Bigbasket, contrôlent chacune moins de 5 % du marché.

Dans ce contexte, il n’est pas trop surprenant que les versions antérieures des politiques proposées par l’Inde aient été critiquées pour avoir placé ce que certains ont appelé des niveaux de contrôle inutiles sur les jeunes pousses étrangères tout en donnant un laissez-passer aux entreprises locales.

Le dernier projet, selon le rapport de Bloomberg, ne fait pas de favoritisme, mais laisse la possibilité de savoir si des entreprises comme Amazon devraient stocker leurs données centrées sur l’Inde sur des serveurs locaux, plutôt que de les garder sur le sol américain. Les données stockées sur ces serveurs ne seraient pas seulement soumises aux lois indiennes quelque peu autoritaires sur la protection de la vie privée, mais devraient également être accessibles aux autorités locales à tout moment.